Défense : La coopération maroco-israélienne fait grincer des dents

Les voisins ibériques s’inquiètent des accords de coopération militaire maroco-israélienne, en particulier d’un programme de drones suicides en cours de développement

Depuis décembre dernier où les relations entre Israël et le Maroc trouvaient leurs premières racines dans les accords d’Abraham, c’est devenu un secret de Polichinelle que de dire qu’Israël et le Maroc fructifient leur coopération dans les domaines de l’agriculture, du tourisme de la sécurité et la défense. En fait, Israël et le Maroc, entretiennent depuis bien plus longtemps que ça, des relations étroites surtout dans ce dernier domaine.

On oserait même dire que l’essentiel de la coopération en matière de sécurité entre le Maroc et Israël est mené secrètement. Les deux pays utilisent principalement l’échange d’informations de renseignement et un commerce d’armes plutôt sophistiqué comme ceux pour une guerre électronique, les communications et les systèmes de contrôle, aurait même indiqué un rapport britannique dernièrement. Cette situation suscite on le devine, l’inquiétude de l’Espagne au regard de la coopération militaire maroco-israélienne particulièrement dans l’industrie de l’armement. Aussi, grande est l’appréhension dans les milieux officiels espagnols qui ne la voient pas du meilleur œil.

Israël, c’est inexorable, va installer des usines d’armes militaires au Maroc. Cela fait partie des accords de coopération après l’établissement des relations diplomatiques entre Israël et le Maroc. L’établissement, par l’État hébreu d’usines d’armement militaire sur le territoire marocain, signifiera un renforcement considérable de la position stratégique de Rabat dans la région. Pour l’Espagne, le Maroc est devenu une pièce essentielle pour le maintien de l’équilibre des forces dans la zone et, surtout, pour la lutte contre le djihadisme, en agissant comme un frein aux tentatives des bandes terroristes de diriger leurs attaques contre l’Occident. Les États-Unis l’ont choisi comme partenaire privilégié et les accords avec Tel-Aviv n’échappent pas à ce contexte. Même la rupture unilatérale des relations diplomatiques par l’Algérie lui confère un rôle plus important sur la scène internationale.

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a annoncé que les responsables israéliens de la Défense et des Finances effectueront une visite officielle à Rabat. Au cours de la visite, l’implantation d’un groupe d’usines militaires au Maroc sera signée, dans le cadre de la coopération stratégique entre les deux pays. Le journal espagnol La Razon rapportait également, hier samedi, que le Maroc, avait entamé, en collaboration avec Israël, le développement d’un programme de drones suicides. Il s’agit de « dispositifs relativement simples à construire et aux conséquences dévastatrices ». Aucune autre précision n’est donnée sur ses caractéristiques ainsi que le coût, mais le média affirme à son corps dépendant que le groupe Israël Aerospace Industries (IAI) est impliqué dans cette opération. Le média croit savoir également qu’en avril de cette année, le commandant de la gendarmerie nationale du polisario, Dah Al Bendir, a été tué lors d’une opération militaire utilisant un drone de fabrication israélienne. Il s’agit, bien entendu de données non officielles, Rabat n’ayant jamais ni infirmé ni confirmé ces informations.

Le Maroc a accéléré la modernisation de son armée à travers un processus d’acquisition d’armes offensives des États-Unis, notamment des hélicoptères de combat et cela aussi irrite le voisin du nord qui n’avale pas cette coopération militaire avec l’Oncle Sam sur laquelle il ne peut piper mot. Les États-Unis faut-il le rappeler ont signé en 2020 un accord de coopération militaire d’une durée de dix ans avec le Maroc. Avec l’accord signé entre Israël et le Maroc, il est clair qu’un trio « magique » (Israël-USA-Maroc) va être construit dans le secteur de l’armement, avec un financement américain. Le Maroc est en train de se construire une industrie d’armement et il est sur la bonne voie grâce à son expertise en construction automobile et aéronautique qui a fait de lui un acteur mondial. Un tel renforcement de la coopération maroco-israélienne n’est pas surprenant. Le Royaume accueille l’exercice militaire African Lion, organisé chaque année par l’US AFRICOM, le commandement américain pour l’Afrique. En outre, il est un excellent client de l’industrie américaine de l’armement, avec les commandes de chars Abrams, d’avions de combat F-16 « Viper » et d’hélicoptères d’attaque AH-64E Apache.

Aujourd’hui plus que jamais, les trois nations travaillent étroitement pour faire face aux défis d’un contexte de sécurité complexe allant du contre-terrorisme et d’autres menaces transnationales, à l’instabilité régionale et à des sujets stratégiques plus larges , commentait dernièrement un ministre américain, avant de signer un nouvel accord de coopération militaire. Ce partenariat est « en mesure de s’adapter face aux menaces encore plus grandes et encore plus pernicieuses que constituent le terrorisme, l’extrémisme violent, la cybercriminalité, les trafics illicites de tous genres et le séparatisme » indiquait pour sa part le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita. Tandis que l’État-major des Forces Armées Royales de cette coopération plus étroite dans le domaine de l’industrie de défense se félicitait « d’éventuels transferts technologiques ».

Défense : La coopération maroco-israélienne fait grincer des dents Hespress Français.

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