L’économie marocaine inspire confiance malgré les difficultés

Selon le bulletin de conjoncture de BNP Paribas (juin 2021) qui s’en réfère aux sources du Fonds monétaire international (FMI),  le Maroc est l’un des pays de la région Moyen-Orient Afrique du Nord (MENA) qui a le plus souffert des conséquences de la pandémie, mais la confiance est de mise malgré les difficultés.

La récession a atteint 6,3% du PIB en 2020, une chute historique due aux répercussions de la pandémie sur l’économie marocaine. Et pour tout arranger, les agences S&P et Fitch ont relégué le pays en catégorie « spéculative », malgré une stabilité macroéconomique qui pourtant ne soulève pour l’heure guère d’inquiétudes majeures. Le document fait également état de l’étroitesse des marges budgétaires qui pourrait à terme devenir problématique, faisant écrire qu’une intensification du programme de réformes apparait d’autant plus indispensable quant à cela.

Les composantes de la demande privée se sont toutes contractées en 2020 en particulier la consommation des ménages (-4,1%) et l’investissement (-9%). Cela se conçoit avec un revenu par habitant faible (2 932 euros) mais qui cependant, est compensé grâce aux importants transferts de fonds, qui constituent aujourd’hui environ 7 % du PIB national et contribuent à la croissance, au développement et à la stabilité du pays. On estime que la diaspora marocaine représente entre 12 et 15 % de la population totale du pays. Par ailleurs et malgré la bonne tenue de la consommation finale des administrations publiques, la chute de la demande domestique a ainsi amputé la croissance de 6,5 points tandis que le repli de 12,2% des importations de biens et services a amorti celui des exportations (14,3%). Au final, la contribution du commerce extérieur à la croissance a été légèrement positive (0,2 point). Que dire encore de l’activité touristique après l’effondrement survenu en 2020, et dont le présent exercice n’augure rien de bon d’autant plus que la baisse de la demande européenne (environ 70% des exportations) est des plus avérées.

Selon le Haut-commissariat au Plan (HCP), l’économie aurait retrouvé le chemin de la croissance au T1 (+0,7% en g.a.) grâce à une très forte contribution du secteur agricole (+13%) qui emploie 32,5 % de la population et un secteur primaire qui représente 13,7 % (2021) de son PIB. Un secteur qui compte bon an mal an pour 10-12% du PIB, sa dynamique influence donc, fortement l’évolution de la croissance globale. En revanche, la valeur ajoutée hors-agricole aurait continué de se contracter au T1 de 1% en glissement annuel, soulignant la fragilité du rebond à venir. Aussi, se dit-on, que les premiers signaux de reprise restent fragiles en dépit des avancées de la vaccination au Maroc (plus de 50% de la population) et en Europe, l’UE restant de loin son principal partenaire économique. Faut-il le rappeler, le principal partenaire commercial du Maroc est l’UE. Il représente 53 % de ses importations et 66,7 % de ses exportations. Au sein de l’UE, l’Espagne occupe la première place, puisqu’elle est la destination de 24,61 % des exportations et fournit 15,6 % des importations, et la France, qui reçoit 21,6 % des exportations et est responsable de 12,2 % des importations marocaines.

Si globalement le constat, à priori, semble sévère, il laisse néanmoins entrevoir un petit brin d’optimisme. Dans ce contexte l’ambitieux programme de soutien à la reprise (11% du PIB) est largement mis en avant. Composé en grande partie de prêts garantis par l’Etat (60% de l’enveloppe), il comprend aussi, nous dit BNP Paribas, la mise en place d’un fonds stratégique d’investissement (4% du PIB) avec comme double objectif le lancement de grands chantiers, essentiellement sous la forme de partenariats public-privé, et la recapitalisation d’entreprises. Malgré une campagne agricole exceptionnelle au Maroc, l’économie ne devrait pas retrouver son niveau pré-pandémie avant 2022 nous dit-on encore. Au-delà des risques de court terme, la crise a aussi mis en lumière des fragilités structurelles qu’il faudra corriger. Si l’annonce de plusieurs réformes va dans le bon sens, leur mise en application s’avère d’autant plus importante que l’Etat va devoir assainir ses finances publiques.

A court terme, néanmoins, les marges de manœuvre budgétaires et monétaires restent confortables. Et si l’année 2020 a été éprouvante car aux prises avec une récession sévère, vu autrement et après l’impact de la pandémie sur l’économie, les indicateurs sont favorables. Ils laissent entrevoir une prometteuse reprise économique du Maroc. Depuis 2015, selon le FMI, le Maroc n’a eu de cesse de connaître une puissante croissance économique qui a atteint un PIB de 16,932 milliards d’euros en 2019, soit une augmentation de 2,5 % par rapport à l’année précédente. Cette évolution a été malheureusement interrompue par la pandémie, puisqu’elle a chuté de 7 % en 2020. Les estimations pour 2021 sont optimistes et restent très favorables, puisqu’il est prévu un rebond de 4,5 %. Les perspectives sont donc encourageantes et particulièrement pertinentes.

Le déficit de la balance commerciale est réduit de 11,2 % au T1 2021. Une réduction qui s’explique par une augmentation des exportations de 8,72 milliards de dirhams, contre une augmentation de 3,09 milliards de dirhams des importations (voitures et autres véhicules conçus principalement pour le transport de personnes (3,91 millions), les fils et câbles électriques (3,75 millions) et les phosphates (2,71 millions) la contribution au PIB de l’industrie minière dans son ensemble serait d’environ 6 %.

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