Tanger : Jeune femme agressée sexuellement, la DGSN identifie les agresseurs

Etre une femme au Maroc est un combat au quotidien. Aujourd’hui encore, le harcèlement de rue continue de faire de plus en plus de victimes. La dernière en date, une jeune femme arpentant les rues de Tanger, agressée sexuellement par un passant et filmée par un autre. Une séquence qui a fait couler beaucoup d’encre sur les réseaux sociaux. Les autorités compétentes ont rapidement réagi en arrêtant l’auteur de la vidéo. Une enquête est actuellement en cours pour appréhender l’agresseur.  

C’est une vidéo qui a fait le tour de la toile, suscitant de vives réactions. Dans cette séquence largement partagée, on y voit une jeune femme, marcher dans les rues de Tanger, portant une robe de couleur violette se faire harceler par un jeune homme qui lui soulève sa tenue pour la toucher dans l’une de ses parties intimes.

Selon les informations parvenues à Hespress FR, l’auteur de la vidéo, âgé de moins de 15 ans a été appréhendé par la DGSN, tandis que l’agresseur, identifié, fait l’objet d’une enquête, afin de connaître les tenants et aboutissants de cette histoire.

Si aucune indication n’est donnée sur le moment de l’agression, cette séquence relance largement le débat sur l’harcèlement de rue et les conséquences graves subies par les victimes.

Un fléau sans fin

Au Maroc où près de deux femmes sur trois sont victimes de violences, les attouchements sur les femmes et les jeunes filles dans les rues et les transports en commun sont fréquents alors que les hommes, adultes ou adolescents, agissent dans une grande impunité.

Contactée par Hespress FR, Khadija Riyadi, ancienne présidente de l’AMDH et lauréate 2013 du Prix des droits de l’Homme des Nations Unies, dénonce l’inefficacité de la loi 103-13 entrée en vigueur en 2018, concernant la lutte contre les violences envers les femmes et l’harcèlement dans l’espace public.

« Cette loi a beaucoup été critiquée par les associations des droits des femmes, mais également par les juristes, la réalité est qu’elle n’a absolument rien changé et c’est tout le système qui est à blâmer. Tout ce qui touche à la dignité des femmes va au-delà des lois. Il faut aller voir le problème dans sa profondeur et identifier les causes et les raisons de ce genre de comportement », a-t-elle déclaré.

« C’est une question d’éducation et d’image véhiculée par l’Etat, par les institutions, par les médias et celles qui circulent également dans les discours religieux« , a-t-elle estimé, dénonçant une « justice qui n’est pas indépendante et qui ne rend pas justice aux personnes qui subissent le harcèlement au quotidien ».

La militante regrette également le manque de sensibilisation à l’échelle nationale. « La violence c’est d’abord l’Etat qui l’a nourrit. Il ne faut pas s’attendre à ce que les gens arrêtent de commettre ces crimes contre les femmes tant qu’il n y a pas de sensibilisation. Quand on voit comment les femmes sont harcelées quand elles font des sit-in, quand elles font des marches, on, comprend que leur corps et leur intégrité physique n’a aucune valeur », a-t-elle ajouté.

Que dit la loi?

La loi 103-13 relative à la lutte contre la violence envers les femmes, notamment dans l’espace public et au travail, est entrée vigueur il y a trois ans, et pourtant, rien n’a changé. Les femmes sont encore plus harcelées dans la rue et les espaces publics face à des hommes qui ignorent jusqu’à l’existence de ce texte et continuent de faire comme bon leur semble.

Toutefois, ce même texte, fait rare, a permis à une Casablancaise, O.R, de porter plainte contre trois individus qui l’ont « draguée » dans le café où elle se rendait pour rencontrer son mari, en septembre 2018. Un artiste peintre de Fès, un sexagénaire, a également été poursuivi pour harcèlement sexuel contre une jeune femme d’une vingtaine d’années.

Dans ce qui a été considéré comme la première plainte de ce genre, le mis en cause, qui a « ouvertement dragué » la jeune fille dans la rue et « mimé de gestes à caractère sexuel », a été placé en détention provisoire à la prison locale de Bourkayez de Fès en attendant l’ouverture du procès.

La loi 103-13 relative à la lutte contre la violence envers les femmes, mise en place pour protéger les femmes dans l’espace public, et contre tout acte de violence, le mariage forcé des mineurs, mais aussi les propos à caractère sexuel tenus ou envoyés par SMS, messages vocaux ou photos, prévoit une peine de prison allant jusqu’à 6 mois et une amende comprise entre 6.000 et 10.000 Dhs. Mais est-elle vraiment appliquée?

Tanger : Jeune femme agressée sexuellement, la DGSN identifie les agresseurs Hespress Français.

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