Maroc : Les urnes citoyennes vues d’ailleurs

On aurait pu en rire de cette claque électorale du Parti de la justice et du développement (PJD), un parti majoritaire depuis dix ans au parlement et à la tête du gouvernement au Maroc. Mais pour pathétique que soit l’histoire du 8 septembre 2021, on se dit que, malheureusement, on ne peut pas rire de tout.

Aussi on laissera à d’autres le soin d’en juger à la lecture d’une presse à travers le monde bien plus surprise que déchaînée. « Véritable déroute », « claque électorale » « défaite cuisante », « échec spectaculaire » « séisme électoral », « recul d’une ampleur inattendue » «Vote sanction », « spectaculaire déroute » « le PJD s’effondre », « la débâcle des islamistes au pouvoir » … et on en passe et des pas mûres, telles sont quelques exemples d’expressions qui reviennent le plus. On n’a eu, in fine, d’yeux dans ces élections au Maroc que pour la débâcle des Islamistes. Vraiment peu nombreux les soi-disant “spécialistes“ ou donneurs de leçon à y voir des perspectives d’avenir pourtant enthousiasmantes pour le Royaume, car il est un gain énorme au change.

Ils sont rares, effectivement  les médias internationaux à avoir vu venir, tant ces malheureux s’attendaient à un petit correctif de quelques voix, mais pas tellement à cette plongée dans un futur inconnu pour nos barbus. Et pour cause, le PJD n’a même pas le nombre requis (20) pour pouvoir former un groupe parlementaire et il va devoir se trouver quelques accointances dans l’Hémicycle pour en placer une. Beaucoup se sont arrêtés à ce constat d’échec, d’une formation politique islamiste prise au dépourvu par l’usure du pouvoir « à glander» et le désenchantement de ses électeurs, comme si l’Histoire se figeait à cela.

Cela étant, “Le Monde“ ce quotidien du soir si imprégné de ses matinales et pour groggy a-t-il été, devant des résultats trop tôt donnés dira, « Le parti islamiste à la tête du gouvernement au Maroc depuis une décennie a subi une véritable déroute au profit de partis considérés comme “proches du palais royal“ lors des élections législatives, mercredi, selon des résultats provisoires annoncés jeudi 9 septembre au matin ». On fera remarquer à cette référence d’une adolescence de naguère et bel et bien passée et dépassée qu’il n’est nul parti au Maroc et, quelle que soit son idéologie, qui ne soit pas loyal au Souverain. Le Marocain a cela dans ses gènes, on n’y peut rien et il en est ainsi, depuis le XVIIe siècle, si ce n’est bien avant, avec d’autres dynasties. Maintenant, s’affoler de voir un PJD également loyal et fidèle au Trône, éjecté par la vox populi, on dira à titre de réflexion pour la pensée démocratique de la chose politique que deux des trois formations victorieuses étaient dans l’opposition lors de l’exercice passé.

Mais cette façon haineuse de considérer les choses n’est pas propre qu’à une certaine presse qui n’en rate pas une pour dénigrer le Royaume. On n’en dirait pas autant du magazine “Le Point“ qui a toujours adopté un devoir de réserve et de neutralité dans sa ligne éditoriale, mais qui s’est, ce coup-ci, gentiment égaré.  Pas dans le fond ni au demeurant, dans la forme, mais dans ce que communément l’on appelle l’espace et le temps. « Après des débuts timides, les électeurs marocains se sont déplacés, bravant les mesures sanitaires mises en place pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Ceux qui sont allés voter ont également dû prendre des dispositions avec leurs employeurs, le vote se déroulant un mercredi et non un vendredi, jour de repos hebdomadaire consacré habituellement à la prière ».

Ça se défend et on pourrait même y percevoir une autre raison, quitte à accabler, d’y voir la débâcle du PJD, sauf ! que le vendredi contrairement à l’Est de l’Eden, n’est pas un jour férié au Maroc. On y conçoit une petite heure de liberté pour que les pratiquants puissent faire à mi-journée, la prière du vendredi à la Mosquée justement, sans plus. Or, à cette heure et on y vient, mercredi, le taux de participation n’était que de 12% pour finir en fin de journée à 50,35%. Faux l’info ! Mais on sera resté dans le ton de l’évènement, quoique vu de loin et un peu faussement.

Par contre à l’Est de l’Eden on ne vous dit pas, cela va dans tous les sens, et si ObservAlgérie est resté dans ce ton neutre des agences de presse ayant couvert les élections, ce n’est pas le cas de TSA toujours prompt à dégainer. À contrecœur, il constatera les dégâts causés dans la maison des Islamistes et ajoutera sa goutte d’huile sur le feu. « Échec retentissant pour le parti au pouvoir au Maroc qui augure d’une reconfiguration de la scène politique dans cette Monarchie du Maghreb ». Eh oui ! c’est la seule ne vous en déplaise ! Et d’ajouter, «  La défaite du parti islamiste, proche de la mouvance des Frères musulmans… Ah ! si Benkirane pouvait, si TSA savait. Et de chuter « Il ne faudra donc pas s’attendre à des retournements sur les dossiers importants que sont celui du Sahara, les relations avec l’Algérie qui traversent une crise sans précédent ou la normalisation avec Israël décidée en novembre dernier suite à un deal triangulaire entre le Royaume du Maroc, Israël et les États-Unis ». Parfois, il y a de purs moments de lucidité…

Maroc : Les urnes citoyennes vues d’ailleurs Hespress Français.

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