Les augmentations explosent entre 20 et 25% sur le marché de la consommation

On a enregistré sur le marché de la consommation au Maroc ces derniers temps des augmentations de prix d’un large éventail de produits alors que le Royaume était en  pleine campagne électorale.

Le Marocain ne s’y retrouve plus et entre le respect du principe de liberté des prix et de la concurrence d’une part, et la protection des poches des consommateurs qui refait surface c’est l’histoire d’un cœur qui oscille. Cela étant, des données obtenues par Hespress indiquent qu’un nombre important de denrées alimentaires, du domaine du quotidien citoyen, ont subi des hausses vertigineuses.

Vertigineuses et significatives, elles profitent d’une situation donnée pour sournoisement s’afficher à 25 à 50 % comme c’est le cas pour la «Smida » semoule, dont le prix a augmenté de 3,5 dirhams, passant de 7 à 10,5 dirhams le kg et le prix des viennoiseries, quant à lui, est passé de 1,70 dirhams à deux dirhams le kilogramme. Côté féculents les lentilles  ont vu leur prix augmenter de 3,5 dirhams, passant de 12 dirhams à 15 dirhams et demi. Le prix du kilogramme de thé n’est pas en reste avec une hausse de de 7 %. Cette montée en flèche ou toute en puissance si l’on peut dire, de plusieurs denrées alimentaires avait également touché l’huile de table, qui avait déjà connu des hausses importantes il y a seulement quelques semaines, ce qui a déclenché une vague de colère parmi les citoyens, alors que le prix de gros du litre est passé de 12 dirhams à 16 dirhams.

Selon l’article 2 de la loi104.12 Les prix des biens, produits et services sont déterminés par voie de libre concurrence, à l’exception des biens, produits et services dont la liste est fixée par texte réglementaire après avis du Conseil de la concurrence.

Bien que la loi sur la liberté des prix et de la concurrence fasse augmenter les prix sans plafonnement, cette option économique choisie par le Maroc reste positive, selon Bouazza El Kharrati, un défenseur du consommateur au Conseil de la concurrence et président de l’Association marocaine de protection et d’orientation du consommateur (AMPOC), le plus vieil organisme du mouvement consumériste;

Pour lui, « le problème réside dans les entreprises qui s’accordent pour fixer les prix qu’elles veulent. Les citoyens se plaignent à chaque augmentation des prix à la consommation, du manque de contrôle des autorités compétentes. Or, ces dernières ne peuvent contrôler cette liberté qu’à la lumière des textes prévue par la loi et le l’engagement à faire connaître le prix de vente ».

El Kharrati a estimé que l’adoption de la liberté des prix et de la concurrence, mise en œuvre depuis l’an 2000, est « une bonne approche économique, mais il n’est pas acceptable que les augmentations d’un certain nombre de prix à la consommation se fassent en des périodes données comme actuellement alors que les préoccupations marocaines sont la campagne électorale ».

Pour sa part, Issa Achout, secrétaire général de l’Union nationale des commerçants et professionnels à Rabat, a indiqué que « les augmentations successives des prix nécessitent une intervention des autorités.  Cela aura pour effet d’empêcher les entreprises de s’accorder sur le prix de leurs produits.

Achout a en outre souligné, dans sa déclaration à Hespress, qu’il existe un autre problème qui contribue à la hausse des prix, et qu’il est lié aux sociétés anonymes autorisées à importer des biens de consommation de l’étranger. Cela leur permet d’appliquer les prix qu’elles souhaitent, en l’absence de toute concurrence ». Aussi a-t-il appeler à ouvrir la voie aux sociétés d’importation et à les aider à surmonter les obstacles qu’elles rencontrent, afin de maintenir la concurrence, et donc la stabilité des prix.

Par ailleurs conformément à l’article 4 de la loi sur les prix et la concurrence, l’administration peut, après consultation du Conseil de la concurrence, prendre des mesures provisoires contre une hausse ou une baisse excessive des prix justifiée par des circonstances exceptionnelles, une catastrophe générale ou une situation manifestement inhabituelle sur le marché dans un secteur particulier, sans augmentation. La période d’application des mesures précitées est de six mois, renouvelable une fois.

Afin de contourner le problème des ententes entre les commerçants du haut et autres acteurs de la chaîne de distribution quant à l’augmentation des prix, le président de l’Association de protection des consommateurs a indiqué que le ministère de l’Economie et des Finances, via sa Direction de la gouvernance et de la concurrence, a les pouvoirs de mener une enquête pour appréhender les contrevenants.

La Direction dispose d’un moyen lui permettant d’identifier les entreprises qui violent les règles de la concurrence afin d’uniformiser les prix. Si la loi permet la liberté des prix et la concurrence, le citoyen marocain souffre non seulement des prix élevés des biens de consommation, mais aussi des prix élevés des services réglementés, comme le transport routier pour les voyageurs.

Dans ce contexte, Bouazza El Kharrati a déclaré que la plupart des entreprises qui possèdent des bus qui transportent des passagers entre les villes ont doublé le prix du transport, au nom de la réduction du nombre de passagers dans le cadre des mesures restrictives.

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