Quelle campagne électorale à l’heure de la digitalisation ?

« Faute de grives, on mange des merles », dit le dicton. En d’autres termes, en ces heures où la campagne électorale bat son plein, sous l’œil bienveillant de Dame Covid, nos partis ont délaissé le traditionnel « porte à porte » pour le combler, parfois à contrecœur, par le digital. C’est que la crise sanitaire au Maroc est à son plus fort en ce mois d’août. Mais « à quelque chose, malheur est bon » la pandémie aura changé bien de nos habitudes dans la gestion de notre quotidien.

En effet, nos partis politiques n’ont à défaut d’un réel présentiel ou d’une présence conventionnelle, on va dire, auprès des électeurs, ont l’option de les approcher à travers d’autres stratégies de communication, comme en recourant aux techniques numériques (visioconférences, meetings hybrides, réseaux sociaux…), histoire d’observer scrupuleusement les restrictions électorales en vigueur par ces temps de pandémie. Mais, que nos partis la veuillent ou non, la digitalisation de la campagne électorale, la première du genre dans le Royaume est une excellente occasion afin de sortir d’une ère pour entrer dans une autre. Le Maroc découvre donc ce nouveau mode de communication politico-électoral et à chacun ses moyens et façons de faire on s’est mis dans le bain.

L’avis du citoyen lambda

Mais qu’à cela ne tienne, « cette campagne du net » nous dit Hakim un citoyen marocain lambda et de surcroit spécialiste des réseaux, « pour toute nouvelle et inédite soit cette campagne électorale, elle penche plus vers un « populisme ou le politicard se fait sa voie » pour attirer l’électeur, que du côté de son discours politique, sa raison d’être, au regard de ce qu’elle engendre sur les réseaux. On enregistre nombre de dérapages çà et là à travers YouTube, Facebook et un peu moins à travers Twitter qui est plus élitiste ».

Notre interlocuteur remarque en outre, qu’à part quelques rares partis classiques et structurés « cela va dans tous les sens », -mentionnant pertinemment le manque de chaînes YouTube ou radios partisanes dédiées à cet effet. Sûr, dans ces conditions qu’il sera ardu de trouver un contenu de qualité sur, les sites, blogs, réseaux sociaux… Le but étant tout juste de créer du trafic et de convertir les visiteurs en « électeurs potentiels ». Cela s’entend tout-à-fait, quand on sait qu’il y a matière à faire. Ils sont près de 18 millions de Marocains aptes à « participer » au scrutin (46 % de femmes), mercredi 8 septembre 2021 afin d’élire 395 députés de la Chambre des représentants et surtout plus de 31 000 «  futurs élus communaux et régionaux ».

L’USFP bon élève

L’engouement pour le digital à connotation politico-électorale qui plane sur nos têtes, à travers cette campagne, Mehdi Mezouari au nom de son parti de la rose, l’USFP dont il est l’une des chevilles ouvrières nous en a conté des choses. « Pour ce qui est de la campagne électronique du parti, nous avons consacré carrément un département, communication numérique digitale au siège. Plusieurs jeunes du parti de la “Chabiba Ittihadia“ y œuvrent bénévolement par dizaine en quatre équipes pour faire du forcing afin d’être à la mesure de cette campagne. Il y a ceux qui s’occupent des réseaux sociaux (pages Twitter, Facebook, Instagram… du parti), en s’employant à répondre aux questions et doléances des citoyens. D’autres volontaires sont affectés au service de l’infographie, tandis que d’autres du département contenus se réunissent au quotidien pour développer de nouvelles idées et des axes d’attaque, ce qu’il faut présenter ce jour, etc. et décident de l’angle d’attaque. C’est ainsi que l’on procède ».

Et Mehdi Mezouari de continuer, « La charte graphique, elle est unifiée, les slogans de même au niveau national, même nos capsules sont unifiées au niveau de leur charte graphique ». Par ailleurs, nous dira notre interlocuteur, « nous sommes très bien sollicité sur le moteur de recherche, et par les internautes notamment sur la ville de Rabat essentiellement, nous venons après le RNI et l’Istiqlal selon les statistiques Google. Nous sommes satisfaits de notre campagne qui va bon train et de son organisation. Cette dernière a été décidée, il y a quelques semaines déjà et a débuté avec le départ de la campagne. Cependant il est bon de noter que l’USFP a toujours eu son département digital qui travaille toute l’année, sauf qu’actuellement avec la campagne, la charge de travail a augmenté et du coup nous avons investi sur le plan humain surtout et nous avons créé pour ce faire un comité de veille qui fait le suivi, un comité de crise pour répondre aux autres partis en cas de dérives, etc.

Comment les écolos mènent modestement leur campagne digitale

Pour sa part Nadia Hmaity candidate du Parti environnement et développement durable (PEDD) nous dira, « Nous menons une campagne hybride, car nous sommes conscientes et conscients que tous les citoyens n’ont pas accès à Internet. Pour ce qui est de notre campagne électronique, nous avons mobilisé des personnalités qui influencent l’opinion publique. Nous diffusons des spots, ainsi que des affiches tout en essayant d’attirer les électeurs à travers des “live“ sur les plateformes des réseaux sociaux, ce qui nous permet d’avoir des échanges. Cela nous permet de rectifier notre tir à travers les avis et les feedbacks des internautes et ainsi d’orienter notre campagne en fonction de ce que l’on attend de nous ».

Mais pour notre interlocutrice, le programme écolo reste de rigueur : « Dans notre campagne, nous tenons à ce que la dimension écologique et environnementale doit figurer dans toute les politiques publiques de manière transversale ». De part cette orientation nous sommes tenus à une campagne propre. Ceci dit, dans celle-là qui est une expérience pilote et disons à majorité électronique, il y a une forte concurrence. Les moyens creusent un écart considérable entre les partis, car plus on en a, plus on arrive à diffuser des messages sponsorisés. Mais nous nous accrochons. Nous croyons au bénévolat et au volontariat qui sont les clés du succès, car les gens font plus confiance à des noms et des visages qu’à des structures qui ont un historique peu agréable.

Quelle campagne électorale à l’heure de la digitalisation ? Hespress Français.

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